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Pierrot train (1)
Pierrot en 2013

 

Il n'y a pas d'arithmétique compensatoire dans l'amour qu'on porte à ses enfants. J'avais trois enfants. Mon fils aîné est mort le 22 octobre 2014, à l'âge de 34 ans. J'aime toujours les trois tout autant.

La différence, c'est le chagrin qui me fait pleurer celui qui a disparu.

D'autres le pleurent aussi. Et leur tristesse est à la mesure de l'immense générosité humaine de Pierre à l'égard de ceux qu'il a rencontrés, appréciés et aimés lui aussi.

Pour son père, ce n'est pas seulement un copain de classe, ni d'escalade, ni de graffs, ni un amour de femme adulte... C'est son enfant. Cela veut dire 34 ans de vie, même si, évidemment, elle n'a pas toujours été commune.

Un père est dépouillé de tant de souvenirs de son petit... j'ai des enregistrements de Pierrot qui datent de 1989... Entendre sa voix, alors qu'il n'a que neuf ans, est un chemin de croix. Et pourtant, c'est un peu de lui.

On ne peut accepter que son fils meurt avant soi. Je sais. Je le dis après tant d'autres. Mais le lire de ces derniers ou l'écrire soi-même ne revêt pas la même dimension.

D'ailleurs, personne n'a jamais donné quelques lettres de noblesse littéraire à l'un de ces deux termes qui définissent le statut d'un parent privé de sa descendance : défilié, désenfanté... Cela reste sémantique. Mais sans épaisseur sentimentale, sans tourment.

J'ai cherché à retracer le chemin de vie de Pierrot (pour ce que j'en sais), et je continuerai. Même si mon élan vital est désarticulé et que je mesure, dans ma chair et mon esprit, la souffrance de l'irréversibilité. Même si je mesure aussi la chance d'avoir vécu avec un fils d'une telle véhémence affective et d'une telle détermination.

Michel Renard

 

le 12 janvier 2015, 19 h 35

Il y a trois mois, jour pour jour, et heure pour heure, mon fils entrait dans le néant du coma, puis de la mort dix jours plus tard...
Peut-être à cause de cela, j'ai senti d'une manière particulière ceux qui ont pleuré un mort dans les drames des 7, 8 et 9 janvier.
Les circonstances sont différentes, mais la mort injuste d'un enfant, d'un proche, c'est toujours la même douleur.

M.R.

 

Pierrot et Bouchra Pilat août 2014
le dernier été de Pierrot, à deux mois de ses 34 ans, à deux mois de sa mort absurde et injuste

 

 

- l'hommage à Pierrot, Pierre Renard (1980-2014), mon fils est désormais accessible ici :

http://michelrenardfamilystory.blogspot.com/

 

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